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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 22:26
C’est à Sceaux (Hauts de Seine), que j’ai passé les 25 premières années de ma vie.
Mon gout pour le cinéma, et pour le cinéma en salle, je le dois au Trianon de Sceaux.

Situé rue Marguerite Renaudin, à quelques mètres des écoles communales du centre, le Trianon est l’exemple type de la salle de cinéma de centre ville.
Cette salle mono écran a bien failli fermer ses portes définitivement...



Le début du cinéma à Sceaux :

C’est en 1907, que le cinéma Théophile Pathé s’installe à « la Justice de Paix », rue Houdan (à côté du petit parc). Ce bâtiment est aujourd’hui une annexe de la mairie (nombreuses petites salles).


L'ancienne Mairie (ex Justice de Paix)

Le Trianon : rue Marguerite Renaudin.

Ouvert le 21 juin 1921, le Trianon est à l’époque une salle de 400 fauteuils. La programmation commerciale propose des films en seconde exclusivité.

J’ai fréquenté énormément le Trianon dans les années 70. Alors élève à l’école primaire, je passais quelques-uns de mes Jeudis après-midi (devenu Mercredi en 72/73) au Trianon, séance de 15 heures. C’était alors des films d’aventures (Tarzan, Péplum, Western), des comédies (Les Charlots, louis de Funès) et quelques films catastrophes (Submersion du Japon, La Tour Infernale – un des films les plus importants pour moi).

Puis dans les années 80, ce fut l’incursion de quelques films en VO, la salle municipale des Gémeaux devenant une concurrente du Trianon.
Au Trianon, c’étaient Kramer contre Kramer, Les Dix Commandement, et aux Gémeaux, mes premières nuits du cinéma (science-fiction, Alfred Hitchcock, Roman Polanski).


La façade du Trianon en Fevrier 1996

Mais pour moi, le Trianon, c’était la séance de cinéma et son cérémonial :

L’ouvreuse nous plaçait et faisait régner l’ordre dans la salle. Les meilleures places étaient juste à l’entrée (possibilité d’étaler les jambes), le long de l’allée transversale donnant accès à l’allée centrale qui desservait le reste de la salle.
Après quelques minutes d’attentes en jouant à deviner sur le rideau publicitaire les noms de rues, marques,… ; Le rideau se fermait et se rouvrait sur les dessins animés ou les documentaires « Van deVelde » (ou quelque chose comme ça…) commençant par un lever de soleil et finissant par le coucher.
Les réclames défilaient ensuite alors que les néons se rallumaient violement en clignotant. L’ouvreuse proposait quelque confiserie dans son panier en osier, mais surtout ouvrait son petit local situé entre la salle et la caisse. Celui-ci contenait un congélateur pour les crèmes glacées et un grand stock de bonbons.
Après quelques minutes, une fois les jeunes spectateurs rassasiés, l’ouvreuse appuyait sur un petit bouton relié à la cabine de projection, signalant au projectionniste que le film pouvait démarrer.

Dans les années 90, mes études et mes goûts cinématographiques m’ont amené à fréquenter les salles parisiennes et les plus grands écrans.
J’ai souvenir d’une publicité en faveur des salles de cinéma UGC, dénigrant les salles de quartier. Ce petit film aurait été tourné par Claude Miller . Seule l’entrée du Trianon, décorée avec des affiches de films improbables était visible. Un directeur mal aimable recevait les spectateurs ; Mais hélas, je ne suis pas arrivé à vérifier ces éléments.

Au début des années 80, la fréquentation annuelle du Trianon était de 60 000 entrées pour tomber à 25 000 entrées en 1992.
En décembre 92, le Trianon devait fermer ses portes.
Dans le France Soir du 15/10/92, Pierre Rigenbach, maire de l’époque, annonçait : "En 1988, déjà, j’avais lancé un appel aux Scéens pour qu’ils renouent avec leur cinéma. Apparemment, je n’ai pas été entendu. Mais c’est pourtant la seule solution. Nous étudions, bien sur, la possibilité de reprendre l’exploitation de la salle, mais elle est totalement vétuste. En reconstruire une autre ailleurs ? Cela ne résoudra pas le vrai problème : l’absence de fréquentation. »
Et puis en décembre 92, la mairie de Sceaux annonce la reprise du cinéma, encouragé par l’association « Les amis du Trianon ». Le Trianon fermera quelque temps pour effectuer les travaux impératifs.
Le 3 Février 1993, soutenu par Philippe Laurent (Maire adjoint délégué à la culture et futur maire de Sceaux), « Les amis du Trianon », programmé par l’équipe des Gémeaux, le Trianon rouvre.
En 1994, la mairie de Sceaux décide de prolonger l’expérience du Trianon (34 000 entrées en 93 soit + 30%, soit plus que les prévisions).
Devant les résultats toujours encourageants, la mairie rachète les murs.
En septembre 98, la mairie lance un appel d’offre pour la délégation de service public portant sur l’exploitation du Trianon (durée 3 ans).


© Le Film Français

8 postulants, 3 retenus : Studio 43 (8 écrans), Espace Cinéma (18 écrans) et les Gémeaux (1 écran).
Si Espace cinéma est un temps favoris, les Gémeaux remportent l’appel d’offre à partir de 1999 et pour 3 ans.
Les Gémeaux, Scène nationale, recrutent alors programmateur, projectionniste… objectif 50 000 entrées.

En juin 2000, le conseil municipal vote le principe de reconstruction du Trianon.
Le 27 février 2001, le concours d’architecture est remporté par Frédéric Namur.
Le Trianon ferme, l’ancien bâtiment est détruit. La continuité cinématographique sera assurée dans la petite salle des Gémeaux.

Après 11 mois de travaux, le 9 mars 2003, le nouveau Trianon ouvre ses portes en lieu et place de l’ancien cinéma.


L'entrée au niveau de la Rue Marguerite Renaudin, face à la maison de retraite.


Le Trianon, cinéma de centre ville, propose désormais une salle tout en gradin, avec un écran de 10 m de base, son numérique et 270 places. 2,1 M€ ont été nécessaires pour les travaux.


L'histoire du Trianon raconté par la Mairie

Imaginé par Frédéric Namur comme « un cinéma entre souvenir et modernité », le Trianon possède encore de part et d’autre de la salle les éclairages aux néons de l’ancien Trianon (ceux qui s’allumaient si violement après les séances de mon enfance).



En septembre 2003, la fréquentation sur 6 mois a augmenté de 20% (alors que la fréquentation nationale a baissé de 8%) et est annoncée à 60 000 entrées pour l’année complète.

En 2004, la fréquentation monte à un peu moins de 70 000 entrées.


Le hall du nouveau Trianon. La Caisse est située sous la salle, un hall d'attente se trouve sous la pente de la salle

En 2006, un nouvel appel d’offre est lancé. L’équipe des Gémeaux le remporte.


La nouvelle salle, très confortable et tout en gradin. La salle initialle n'était pa en pente. La cabine de projection se trouvait au dessus de l'arrière de la salle.


L'éclairage original du Trianon , toujours présent.


En 2008, c’est 64 300 spectateurs qui se rendront au Trianon.

Les Gémeaux : 49 avenue Georges Clemenceau.



Le Théâtre des Gémeaux est inauguré le 15 octobre 70. Situé a proximité de Bourg la Reine (dont la mairie est partie prenante avec celle de Sceaux , d’où le nom des Gémeaux), c’est une salle de 385 places destinée principalement au théâtre et spectacles.
Dans les années 80, de nombreuses projections cinématographiques ont lieu. C’est aux Gémeaux qu’ont lieu les premières éditions du Festival de Films de Femmes avant de partir pour Créteil, faute de place.
Le bâtiment des Gémeaux va être entièrement détruit pour être reconstruit.
En 1994, les Gémeaux, scène nationale, comporte 2 salles de 600 et 250 places (c’est cette dernière qui servira de salle de cinéma pendant la fermeture du Trianon)

Vous pouvez voir un film retraçant l’histoire du Trianon :
http://www.ey-films.fr/trianon/videotrianon.htm


Dans 1 an, le Trianon fêterat ses 90 ans, pas mal pour un petit cinéma de banlieue.


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