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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 09:16


J’ai découvert tardivement cette superbe salle de cinéma et de spectacle. C’était peu de temps avant sa fermeture en tant que salle de cinéma.
J’ai souvenir d’une salle mal entretenue, de fauteuils cassés ou abîmés, un grand écran jaunit, une odeur de renfermé. Mais par contre, quel superbe décor pour ce cinéma. Je pense y avoir vu « Prisonnière dans la vallée des dinosaures » ou peut-être « Atomic Cyborg ». Quelque soit le film, il n’y avait pas grand monde dans cette immense salle. Mais pour moins de 3 Euros les 2 films ( un peu plus qe le prix de location de lunettes 3D !), c’était plus de 3 heures de cinéma Bis (ou de genre, comme l’on dit maintenant).


La Façade du Trianon en 2006

Le Trianon était en 1895 une salle de spectacle et de concert. Mais dans la nuit du 17 février 1600, le Trianon Concert est détruit par un incendie.
C’est en décembre 19202 que le Trianon Théatre est reconstruit. Cette élégante salle « Théâtre à l’italienne » de 1 000 places accueillera de nombreux artistes (dont Michel Simon et Pierre Dac).
C’est en 1939 que le Trianon, devenu Cinéphone Rochechouard , devient à plein temps une salle de cinéma, activité de cinéma commencée en 1936.
Devenu Trianon après la guerre, il se consacrera désormais à la diffusion de films populaires et de série B.
C’est dans les années 1970, qu’il se spécialisera dans les films de Karaté et de Kung-Fu, réalisant alors un nombre d’entrées hebdomadaires spectaculaires que de nombres exploitants actuels envieraient. (10 à 15 000 !). A cette époque, les cinémas de quartiers tels le Cigale , Gaité Rochechouart tournaient à 6 / 7000 entrées hebdomadaires).
Mais malgré un prix attractif (la salle la moins de cher de Paris et sûrement de France), la fréquentation chute et l’activité cinéma s’arrête en 1992.


La façade du Trianon dans les années 90

La caisse du cinéma se trouvait dans un petit hall, au niveau du trottoir.

Au-delà, vous deviez faire le choix pour accéder au niveau supérieur, devant une grande vasque (toujours là) , entre 2 majestueux escaliers.



En haut, un immense vestibule, ancien fumoir et bar, vous attend.



Aujourd’hui, le vestibule est bien vide, les flippers ont disparu, mais le lieu accueille encore quelques réceptions et reste un lieu agréable avant ses grandes baies dominant le Boulevard de Rochechouart.



Il reste encore la décoration avec ses nymphes et ses « Putti » en haut des escaliers.( Putti : Terme architectural italien désignant sur une façade la statue d’un nourrisson joufflu et moqueur, voire d’un ange.)



La salle à l’italienne du Trianon se répartit entre l’orchestre (530 places), le 1er balcon (165 places) et le 2ème balcon (285 places).


Le Deuxième balcon avant rénovation (Les fauteuils ne sont plus en bois)

Comme toutes les salles de ce type, les places de côté sont à éviter à cause de leur visibilité partielle de la scène.



La salle rénovée depuis quelques années offre un confort correct en restant à taille humaine.



Les meilleures places étant les balcons de faces et les 2 premiers tiers de l’orchestre.



La scène qui a abrité longtemps un écran de 11mêtres de base, est assez vaste et est dominée d’une nymphe.



En 1982, la salle comme le vestibule sont classés monument historique. 10 ans plus tard, Le Trianon fermera ses portes en temps que salle dévouée au 7 ème art. Le Trianon est repris par Guy Balensi.


Détails du plafond du vestibule

Depuis cette période, le Trianon connaît une vie irrégulière, accueillant des soirées « Canal Plus », des Comédies Musicales, des pièces, des concerts, des festivals de cinéma (Bollywood WE, Festival de Cinéma, Projection de « Retour de Flammes ».


Le 2 eme balcon (pendant "La Route du Rire" ©Volkswagen

La salle du Trianon se modernise et possède toujours un très grand charme.Surveillez sa programmation !.



Comme mot de la fin, un témoignage de Manu Solo en 2004 :
« Un très joli théâtre avec ses dorures et ses angelots. Pendant des années, il est resté à l’abandon. Les Japonais en avaient fait un cinéma de karaté. Tu payais 15 Francs pour deux films. Y avaient que des blacks et des Arabes. Qu’est ce qu’on pouvait se marrer. C’était l’endroit le plus populaire que je connaissais à Paris ».



Outre les livres « Les cinémas de Paris 1945-1995 » (Champion-Lemoine-Terreaux), « Le guide des cinémas à Paris » (Chennebault – Gaussel), je vous conseille le superbe livre « Nos cinémas de quartier » -Potigon, ed. Parigramme – dont la couverture est une photo de la superbe salle du Trianon.


©Ed. Parigramme

Et pour les plus curieux, le fanzine Ciné-Zine-Zone (Pierre Charles) a consacré le numéro 92/93 aux Cinémas de Quartier. C’est un travail de passionnés, témoignages de cinéphiles fervents défenseurs du cinéma populaire. Il comprend de superbes et rares photos de façades de cinémas de quartier aujourd’hui disparus. (Montmartre Cine, Gaité Rochechouart, Maine Palace, Hollywood Boulevard … et bien sûr le Trianon)


©Cine Zine Zone



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commentaires

pruniere 22/07/2010 21:58

ciné nostalgies...dans les années 80 il y avait le trianon et aussi le brady , le pathé-journal,pour l'origine de son nom et sa longivité mais pas pour sa programmation et aussi et surtout le club au fg montmartre 9ème dont je rassemble actuellement sa programmation depuis 1981 à sa fermeture au 1er mai 1991 un sacré petit ciné de quartier dont je n'oublierais jamais son existence : c'est aujourd'hui le théatre du nord ouest . Le Club aurait ouvert dans les années 50 .

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  • : Histoire des salles de cinéma en activité ou disparues. Hommage aux Rex, Lux, Vox, Gaumont, UGC et autres Trianon que j'ai pu découvrir lors mes ballades. Parceque le cinéma se déguste avant tout sur Grand Ecran
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