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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 22:09
La préfecture du département de l’Eure et Loir, connue pour sa cathédrale inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, ne possède aujourd’hui plus qu’un cinéma.

C’est au début du XX eme siècle que sont présentés à Chartres les premiers films des Frères Lumières. Les projections ont lieu dans le bâtiment du Cellier de Loens (5 rue du cardinal Pie)…

6 cinémas seront en activité sur Chartres au cours du XXème siècle.

Alhambra : 25 rue Nicole.

Salle unique de 568 places , située à côté de la voie ferrée, ce cinéma, propriété de Mr Boucher en 1950, puis racheté par Mr Léon Lacassagne, fermera ses portes entre 1970 et 1976.
Je n’ai pas trouvé , à cette adresse de trace d’un ancien cinéma ;

Excelsior : 31 rue Noël Ballay.

Situé dans la vieille ville, non loin de la cathédrale, cette salle de 352 places appartenait à Mr André Lacassagne en 1930.
Rénovée en 1952 « Mr Lacassagne fait de son Excelsior une bonbonnière. Murs en tissu amiante Marron d’Inde – Luminaire par la société Luminux » (In Cinématographie Française – 1952).
L’Excelsior fermera ses portes entre 1970 et 1976. Le site est aujourd’hui un immeuble d’habitation.

Maison du Peuple : 9 rue du Pot Vert.

Existant au moins depuis 1942, la Maison du Peuple hébergeait une salle de cinéma au moins de 1950 au milieu des années 70. (400 places).
C’est aujourd’hui un centre de vacances.

Majestic : 12 rue du Général Patton (ex-rue de Couville)
Ne cherchez pas de trace de cette grande salle unique, elle est remplacée aujourd’hui par un commerce de portes blindées.

Le Majestic – L’arrière de la salle - ©La Cinématographie Française 1962

Propriété de Léon et André Laccassagne, le Majestic existait en 1950
Début 1962, la grande salle de 900 places est entièrement restaurée avec entre autre 200 fauteuils « Pullman » rouge et Or identique à ceux du France installés au fond de la salle et dans les loges. L’ancienne structure a été remaniée : Sous-plafond, foyer, hall, éclairage.

Le Majestic – l’avant de la salle - ©La Cinématographie Française 1962

Le Majestic fermera vraisemblablement à la fin des années 70.

Palace : Place Pierre Sémard. (Devant la gare)

Cité dans l’historique du Billard Club Chartrain, le cinéma Palace existait au début des années 30. Je ne trouve hélas, pas d’autres traces de ce cinéma.

Le Rex : 14 rue du Général Leclerc

Superbe salle de 1 200 places construite vers 1962. La salle possédait un orchestre et un balcon. Elle est l’œuvre de l’architecte Gautier.

Le Rex en 1962 - ©La Cinématographie Française

Propriété de Mrs Daniel Bonjean et Catier, c’est sous la direction de Mr André Laccassagne que le reste cessera son activité et sera ensuite détruit.(il existait encore en 1984)

ABC : 10 avenue Jehan de Beauce


ABC en Octobre 2010

Située sur l’axe menant de la gare SNCF à la cathédrale, la belle salle unique de l’ABC est construite en janvier 1960.


l’ABC en 1962 - ©la Cinématographie Française

Propriété de Mr Daniel Bonjean ( Cf le Rex), cette salle de 700 places (750 selon d’autres sources) est l’œuvre de l’architecte malouin René Gautier .
On y entre par un grand hall abritant la caisse et des vitrines pour les affiches et photos d’exploitation. Après avoir poussé une batterie de trois portes, vous accédez au foyer donnant accès à la salle grâce à 2 escaliers. Les fauteuils sont en tissu plastique à l’orchestre et en velours aux mezzanines.
Au-dessus d’une petite scène courbe se trouve un écran de 11m de base.
ABC est alors une salle qui rivalise de confort avec les plus belles salles parisiennes.
ABC sera racheté par André Laccassagne dans le courant des années 70.
Mais en 1981, la grande salle unique est morcelée en 4 salles de 269-187-110 et 101 places.


l’ABC en 1994

Comme beaucoup de ces complexes des années 80, les salles supporteront mal le poids des années. Les attentes des spectateurs en matière de confort et programmation évoluent. Au début des années 2000, l’ABC est jugé comme peu confortable, loin des nouvelles technologies, offrant une programmation uniquement commerciale (donc médiocre pour certains…).


l’ensemble du batiment en 2010

On y trouve même « 30 de chewing-gum » collés au sol.


ABC le Hall

Avec l’arrivée du nouveau Multiplexe « Les enfants du Paradis », l’ ABC jouera ses dernières séances fin 2007 – début 2008.


La dernière séance de l’ABC

Les Enfants du Paradis : 11 Place Pasteur – 13 Place de la Porte Saint Michel.

Ce cinéma de 10 salles a connu plusieurs époques.
Créé dans un ancien garage en 1983 par un couple de cinéphile, les Enfants du Paradis dirigé en 1984 par Gabriel Timsit est alors composé de 5 salles de 299-183-99-93 et 78 places.

Avec ses 85 000 habitants, l’agglomération de Chartres intéresse dès 1999 les différents groupes d’exploitation cinématographique.
Ainsi la SOCOGEX (qui est déjà partie prenante dans l’ABC) avec Jean-François Edeline dépose en mars 99 un dossier en CDEC (Commission Départemental d’Equipement Cinématographique) pour l’implantation d’un multiplexe de 11 salles (2 200 places) à Luisant (commune de l’agglomération). Un partenariat est alors conclu avec André Laccassagne, exploitant de l’ABC, qui devrait poursuivre son activité en centre ville.

Mais le 22 juin 1999, c’est 3 projets de multiplexe qui sont présentés en CDEC. En plus du Ciné Grand Espace de Luisant, CGR prévoit un multiplexe de 9 écrans et 1 914 fauteuils à Fontenay sur Eure, et Pathé un multiplexe de 11 salles / 2 500 fauteuils à Chartres. Les 3 projets sont acceptés en CDEC.
Mais en novembre 1999, la Commission National d’Equipement Cinématographique (CNEC) donne son accord pour le projet de Pathé, les 2 autres étant rejetés.
Finalement, le projet ne verra pas le jour (Il semblerait , finalement que l’implantation n’est pas sur la commune de Chartres, mais en périphérie)
C’est en juillet 2005 que le CDEC de l’Eure et loir accorde à la société Cinéparadis de procéder à la création d’un multiplexe de 10 écrans / 2 151 fauteuils.
Le projet Pathé accepté sous le mandat du maire Mr Jean-Louis Guillain 1998-2001 (PS) est décrié par le nouveau maire, Jean-Pierre Georges (UMP) « Il était hors de question de voir un hangar à cinéma au milieu des champs …».
En 2000, les exploitants des Enfants du Paradis mettent en vente le cinéma. En 2004, il est répertorié avec 3 salles de 299 – 150 et 90 places.

Vous trouverez sur le site :
http://www.perche-gouet.net/histoire/photos.php?photo=13009
une photo des Enfants du Paradis en 1994

La ville de Chartres en prend possession en décembre 2004. Fin avril 2005, l’ancien cinéma est détruit après désamiantage.
Les habitués de la salle du Bd de Chasles peuvent, pendant une période transitoire, se rendre au Forum de la Madeleine – salle Doussineau spécialement équipée , pour y voir des films d’Art et Essai.
Les nouveaux « Enfants du Paradis » correspondra « aux besoins de notre bassin de vie, bien au delà de Chartres, tout en alliant le confort et la convivialité d’un équipement de cœur de ville ».

Faisant partie du projet de réhabilitation des boulevards, le chantier commencera en 2006, après des fouilles archéologiques.
Mesdames Judith et Olivia Reynaud (exploitantes et programmatrices des cinémas de Nemours et Fontainebleau) prennent en main les nouveaux « Enfants du Paradis ». Il est prévu une programmation grand public et une part importante de films Art et Essai (30%) sans réserver spécifiquement des salles ou des créneaux horaires.


La façade des Enfants du Paradis en Octobre 2010

L’architecture du bâtiment est étonnante. Construit avec le groupe Eiffage, sous la direction de l’architecte Rudy Ricciotti, le bâtiment abrite plus de 60 logements et le multiplexe. Le projet intègre l’ancien pignon du XIX ème siècle, et le reste de la façade est recouvert d’une résille filiforme. Le bâtiment révèle toute sa beauté la nuit, grâce à  l'éclairage de ses dentelles.
Le cinéma, avec ses 10 salles de 418 à 86 places, ne semble pas remporter tous les suffrages.


Le pignon du XiX ème siècle

Sa situation rend difficile le stationnement des voitures (malgré des offres tarifaires spécifiques pour les spectateurs) des commentaires sur le net font état d’un cinéma pas aussi confortable que souhaité. Si l’équipement technique est bien là (Son numérique dans toutes les salles, 3D et Projection numérique dans certaines), la décoration est qualifiée de minimale et l’organisation au niveau de l’accueil des spectateurs peu pratique.
Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes :
En 2001, Chartres accueille sur 2 salles et 7 écrans - ABC 4 et Enfants du Paradis 3 – environ 258 000 spectateurs
En 2003, 220 000 spectateurs se rendent dans les salles chartraines et 174 000, en 2005.
L’année 2006 annonce une reprise avec 203 000 entrées ( ABC - 4 salles / 185 000 spectateurs, et la programmation Art et Essai au Forum de le Madeleine).
Pour sa première année d’activité en 2008, l’objectif annuel des 380 000 spectateurs ne sera sûrement pas atteint.


le Hall

Heureusement les chiffres 2009 annoncent une fréquentation de 410 000 spectateurs ; le pari est gagné. Chartres a gagné presque 60% de spectateurs en moins de 10 ans. Aux « Enfants du Paradis » de continuer d’assurer une programmation permettant de confirmer ces bons chiffres.




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commentaires

Pellet 02/07/2012 12:16

A Chartres,dans les années 60, dans le quartier de Rechèvres, existait un cinéma de quartier du nom de la Cité, je crois.

Pellet 02/07/2012 12:07

Ma grand mère,Mme Haye, vers 1920, était la pianiste de l'orchestre de cinéma muet qui officiait au cinéma de l'Alhambra , rue Nicole à Chartres.
J'ai une photographie de cet orchestre avec les patrons de ce cinéma.

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  • : Histoire des salles de cinéma en activité ou disparues. Hommage aux Rex, Lux, Vox, Gaumont, UGC et autres Trianon que j'ai pu découvrir lors mes ballades. Parceque le cinéma se déguste avant tout sur Grand Ecran
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